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 Cours 9 - 16/01/12

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Sophie
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Date d'inscription : 16/10/2011

MessageSujet: Cours 9 - 16/01/12   Lun 23 Jan - 0:18

[je n'ai pas vérifié l'orthographe, pardon, il risque d'y avoir plus de fautes que d'habitude]

6.2. Langue : Renaissance humaniste ou centralisation totalitaire de la langue et des lettres françaises


La création des salons à la fin du XVIe dépend aussi d'une envie de raffiner les mœurs de la noblesse, notamment par l'acquisition d'une langue plus subtile, qu'on appellera la langue précieuse (mais c'est l'aboutissement du XVIe siècle).

Jusqu'à la fin du XVIe, le latin est la langue scientifique (et elle sera la langue liturgique encore plus longtemps)(également la langue scolaire). Le latin va commencer à disparaître dans la littérature et dans l'administration.

Les ouvrages des Humanistes ne sont pas forcément en latin. Rabelais va par exemple écrire en français. Érasme, en revanche, a écrit son Éloge de la folie en latin. Au même moment, son ami Thomas More a écrit son Utopie en latin également (grandes figures humanistes du début du siècle : Machiavel, Érasme et More).

A partir de ce siècle, on va se mettre à écrire en français ou en italien par choix esthétique et plus seulement pour vulgariser. Le français arrive alors qu'il y a plusieurs langues romanes (Picard, etc.).

Ce qui va précipiter la perte du latin, c'est le fait que les Humanistes veulent revenir au latin le plus pur possible, le latin de Cicéron et non celui du Moyen Âge. Ils essayent ainsi d'imposer une langue morte, elle perd de sa vivacité, et ça a précipité sa perte, sans que ce ne soit la volonté des Humanistes (qui étaient des philologues, qui défendaient le latin, le grec et l'hébreu). Paradoxe : on imprime énormément en latin et les Humanistes essaient de publier dans le latin le plus propre. On essaie de supprimer les gloses pour retrouver le texte pur. Donc siècle pendant lequel on publie le plus en latin grâce à l'imprimerie, et siècle pendant lequel il disparaît.

Conflit parallèle entre le français et l'italien, italien qui est la langue de l'Europe au XVIe (Espagnol au XVIIe et français au XVIIIe. Après cela, l'anglais). Renaissance italienne, vivacité créative, on ramène beaucoup d'italien en France, italianisation de la cour française. Pétrarque, poète de la Renaissance italienne, marque beaucoup les français, on va écrire comme lui dans la poésie. Vraie concurrence, et le roi de France va devoir, pour la première fois dans l'histoire française, adopter une position politique pour instaurer et défendre une langue, le français. Conséquences énormes.

Les contacts sont très forts avec l'Italie. Vraie influence de l'italien sur les français, notamment sur le lexique, et on a instauré plusieurs champs lexicaux grâce à ça.

Voir tableau emprunts lexicaux empruntés à l'italien.

Au XVIe : politique nationale pour installer le français qui s'accompagne d'une tendance à normer la langue (dictionnaire, grammaires, etc.). Une caractéristique de la langue qui s'installe : fixité de la langue qui s'installe et qui va entraîner à garder des archaïsmes.

Extrait « E quand nous lui aurons donné [à la Langue] », texte de Peletier du Mans (2)

Premières tentatives amusantes pour choisir une orthographe. Au XVIe, n'importe qui pouvait se lancer dans l'aventure de la normalisation de la langue. Par exemple, Peletier du Mans a écrit Dialogue de l'ortografe e prononciation françoese departi an deus livres (orthographe déjà différente, phonétique). Il a eu une grosse influence sur La Pléiade.

Il faut normer la langue pour faciliter son écriture aux étrangers mais aussi pour faire une langue qui va durer longtemps, comme le grec et le latin, une langue de civilisation. Calquer l'aura du français sur celle du grec et du latin pour en faire la langue de l'avenir.

Il a donc quand même eu une grosse influence sur les penseurs de son temps, comme Montaigne qui a écrit ses essais selon certaines idées de Peletier du Mans

Explication sur Montaigne
Extrait des Essais de Montaigne. [J'escris mon livre]

Il explique qu'il écrit pour les gens du moment, pas pour plus tard.

Ambition de simplifier l'orthographe pour faire du français une langue qui remplacerait le latin.

Montaigne : idées pédagogiques nouvelles qui s'opposaient à celles des collèges jésuites. Il critique la scolastique, càd l'apprentissage de la langue, etc. On étudie la forme au détriment du fond.

Extrait Paul Porteau, « Montaigne et la vie pédagogique de son temps »
Horaire d'une classe de grammaire et de lettre (classe de quatrième)(2)
Extrait Montaigne « Les Essais » (Pour tout cela...)

Il ne veut pas qu'on assomme les élèves avec les devoirs. Il dit que les enfants naissent bon, mais que l'enseignement scolastique les abrutit.

Comparaison de deux éditions des Essais. Essais dans Folio très difficile d'accès, à cause de la ponctuation qui respecte les règles du XVIe siècle. Un autre qui rend Montaigne accessible.
Texte d'un journaliste du Monde (Depuis sa mort physique...)

La littérature (les Classiques) peut être utilisée comme des armes pour obtenir une reconnaissance plus grande (dire qu'on lit les « Essais » permet d'obtenir une certaine reconnaissance publique). Le vernis, la reconnaissance que peut donner la littérature peut permettre d'asseoir son pouvoir. François Ier a fait de la littérature un appareil idéologique de l’État. On fait de la littérature un monument national dans le but d'asseoir un seul homme, François Ier, qui fait cela pour lutter contre l'italien.

Du coup, toute une société d'écrivains va produire pour ce roi (soit dans l'entourage du roi, soit pour ce roi). Ici, essai entier de Du Bellay dédié à François Ier : Défense et illustration de la langue française.

Extrait de Du Bellay, « Défense et illustration de la langue française » (chapitre IV)

Il prétend ici qu'on continue à défendre le latin pour que le commun des mortels ne puissent comprendre ce qui est dit. Or, c'est aussi ce que disent les protestants, donc les Humanistes vont devoir réfréner cet argument qui les assimilera aux protestants.

Au lieu de travailler pour une cour proche, les écrivains vont avoir tendance à se regrouper autour du roi, centralisation qui commence et qui va s'intensifier très fort. Statut qui change des écrivains, roi va les financer.

Grande date : 1539 : Édit de Villers-Cotterêt, promulgué par François Ier, qui fait du français la langue administrative de la France.

Carte des lieux d'impression en France (pas droite)

Les lieux où il y a des grands centres d'impression sont limités. C'est dû à la politique de François Ier qui règlemente le marché en imposant certains endroits pour certains types d'impressions.

Il limite à 36 ateliers à Paris le droit de publier certains livres, ceux universitaires à destination de l'université donc, dans le Quartier Latin, la fameuse Rue Saint Jacques qui va connaître une grande concentration d'éditeurs-imprimeurs-librairies. Livres conformistes, classiques. Livres encore dans la tradition scolastique, et qui ont une qualité d'impression basse (parce que les étudiants n'ont pas forcément les moyens d'acheter des livres luxueux). Les imprimeurs de provinces vont pouvoir imprimer des livres religieux. Les autres vont devoir se spécialiser :
- Troie : les livres bons marchés (tradition qui reste longtemps, la Bibliothèque Bleue naît là)
- Rouen : contrefaçons (mais la Belgique est spécialiste dans la contrefaçon parce qu'elle échappe aux lois de France, Anvers va être un des centres de la contrefaçon).
- Avignon : échappe aussi aux lois de François Ier, donc produit aussi ce que le marché demande et que le droit interdit.
Ne pas retenir en détail mais savoir que marché à Paris et que le roi contrôle cela.

Déroger à ces règles est très dangereux parce qu'on peut voir la maison d'édition fermer et l'interdiction de publication.

Encore plus grave quand on s'oppose au roi ET à l'inquisition. On peut finir brûlé, comme François Dolet qui se retrouve sur le bûcher pour avoir publié des livres hérétiques. Ça va durer longtemps. Pour imprimer l'Encyclopédie, il faut marquer Neuchâtel et non Paris sur la première page. Voir aussi histoire du Chevalier de la Barre qui a été tué et qui avait un livre de Voltaire.

En plus, il faut obtenir pour chaque titre un privilège royal, l'aval du roi (différent du copyright). Un privilège, c'est un monopole qu'achète l'éditeur et qui est vendable, qui peut être partagé, et l'auteur n'a rien à dire à cela.

Du côté de l’Église, au Concile de Trente, on installe une nouvelle institution : l'Index (on y trouve Boccace, Dante, etc.). Elle va être mise à jour jusqu'au XXe siècle. Installé pour soi-disant se battre contre les protestants mais surtout pour se battre contre la révolution scientifique.

Donc pas de notions de droits d'auteurs, et le personnage central est le libraire (qui est aussi éditeur et imprimeur).

Extrait de Jean-François Gilmont, « Une introduction à l'histoire du livre et de la lecture ».

Aussi vulgarisation de l'objet livre. Plus un objet de luxe. Effet : l’œuvre littéraire va être mieux considérée au XVIe siècle qu'au Moyen Âge. Même si pas rétribution financière, il y a quand même une reconnaissance de l'auteur et de son œuvre.

Guillaume Budé a également encouragé François Ier à instaurer le dépôt légal, en plus du Collège de France (chaque fois qu'on publie un livre, on doit envoyer un exemplaire à la bibliothèque de France, la bibliothèque de Fontainebleau à l'époque). Grâce à cela qu'on a conservé de nombreux ouvrages de l'époque.

L'écrivain, comme il n'a pas de droits d'auteur, il est dépendant du roi et des mécènes, il n'est donc pas libre. Façons de se financer : travailler pour un noble (secrétaire, etc.). Aussi possibilité de recevoir une charge du roi, qui se développera surtout au XVII. Titre honorifique qui permet d'écrire avec une rente. On peut espérer aussi un bénéfice ecclésiastique, une charge.


6.3. Histoire de la littérature française du XVIe siècle


6.3.1. Adoption et adaptation de formes poétiques « nobles »

Grande créativité poétique, mais qui n'aboutira à rien au XVIIe siècle, il n'y aura plus beaucoup de poésie lyriques. Essor de quelque chose de nouveau qui ne va durer que 100 ans et qui va ensuite donner un gros creux dans l'histoire de la littérature française.

Question : est-ce qu'il y a une littérature populaire au XVIe siècle ? Non. La littérature écrite ne s'adresse pas au peuple, et même des œuvres amusantes qui ne se prennent pas au sérieux, comme celle de Rabelais, sont destinées aux érudits (qui ne sont pas nombreux). Ce que les érudits apprécient en Rabelais, c'est la parodie de leur monde (Gargantua et Pantagruel sont des décideurs politiques). Mais comme il y a une centralisation de la littérature sur Paris, il y a des villes autours qui perdent leur centralité culturelle (comme Liège, Paris, Arras). Concentration de poètes surtout autour de Paris. Encore là aujourd'hui, mais naît à ce moment-là.

A ce moment qu'on voit naître des littératures provençales, dialectales (Picard, Normand, etc.). En réaction contre Paris. Ici : texte de 1600, texte fondateur de la littérature wallonne.

Extrait : Willy Bal et Jean-Marie Pierret, « Littérature dialectale de la Wallonie »

Tous les genres du MA vont être abandonnés par les Humanistes mais vont survivre dans ces littératures provençales (provinciales plutôt, non?). Ils vont aussi écrire des pamphlets (contre l'administration générale parisienne par exemple). On va voir naître une littérature engagée et une littérature populaire et vivante.

A l'autre bout : littérature de la Pléiade et des Humanistes du XVIe siècle.

Extrait : Joachim Du Bellay, Heureux qui comme Ulysse

Unité des deux quatrains et des deux tercets (unité de rythme, de thème, syntaxique).

Pétrarque : italien du XIVe siècle qui est allée rechercher dans l'Antiquité diverses formes, notamment le sonnet, et qui les a ressuscitées. Pétrarque a eu un succès européen phénoménale et a été imité partout (--> pétrarquisme). Il a marqué son temps. Marguerite de Navarre est pétrarquiste par exemple.

Pétrarquisme : retour à l'Antiquité, forme poétiques nouvelles. Et nouvel amour, nouvelle forme de langage amoureux. Au MA : amour courtois (fin'amore). Avec le pétrarquisme, il y a un élément nouveau : la mélancolie. On peut imaginer que l'amoureux ne soit pas un conquérant fier de lui qui ne s'avoue jamais vaincu mais bien un amoureux mélancolique qui reconnaît sa faiblesse et le fait qu'il n'atteindra pas forcément cette femme. Centré sur l'homme (mais avec quelques poétesses). Idée de l'homme fragile, poésie qui devient une confession intime et plus un récit guerrier. Pétrarque amoureux de Laure et écrit Le Chansonnier en hommage à cette femme qu'il n'arrive pas à conquérir. Pétrarquiser, terme pour se moquer aussi, pour désigner un homme qui pleure beaucoup et qui se complaît dans sa mélancolie. Pas un élément antique (ce sont les formes qu'il va chercher dans l'Antiquité). Nouveau sujet très marqué par son temps. Individu --> XVIe siècle.

Lien avec l'Antiquité : la courtoisie, comme le Pétrarquisme, c'est lié à Platon. Car deux concepts fondés sur la relation à la connaissance. Idée parfaite, dame parfaite, pure, hors du monde qu'on ne peut approcher. Conquête de la dame, c'est la conquête de la connaissance, de l'idéal, de l'Idée.

Extrait : poème de Pétrarque (Quelle peur)

Tradition et rupture à la fois, sortir des « ténèbres gothiques » (MA).

Sonnet : genre qui, à partir du XIVe-XVe siècle, va connaître un gros succès, encore aujourd'hui. Succès sans précédent, ininterrompu (sauf dans période du XVIIe siècle). 14 vers sur deux rimes, une strophe de 6 sur deux autres rimes. On va d'abord appeler le sonnet pétrarquiste le « sonnet marotique » car Marot va l'apporter en France. C'est grâce à la carrière littéraire de Marot que l'on peut dater la fin du MA et le début de la Renaissance en France. On le connaît pour le « sonnet marotique », mais il n'en a pas écrit tant que ça, pas sa spécialité.

Marot : fils d'un grand rhétoriqueur. Il a ainsi fréquenté la cour des rois de France, est devenu le valet de chambre de François Ier, qui va le « donner » à sa sœur, Marguerite de Navarre, qui va devenir sa protectrice (il va finir en prison). Jeune, il se passionne pour une hérésie, l'évangélisme, qui voulait une réforme de l’Église de l'intérieur (pas réforme comme les protestants, juste refonte de l'intérieur). Du coup, il est suspect aux yeux de la Sorbonne. Ça lui vaut de se retrouver en prison car il mange du lard au Carême (alors qu'il faut manger maigre) --> accusation de luthéranisme. En prison, il écrit une épître. Épître : texte de demande de faveur qu'on envoie à quelqu'un qui peut nous défendre. Il est emprisonné souvent, mais pour des détails. A cause de rixes ou de problèmes plus intellectuels. Édité par [Delai], un imprimeur qui va être brûlé. Ce n'est pas un criminel, contrairement à Villon, donc pas d'exécution. Recueil qui rassemble tous ses écrits de jeunesse, sans unité thématique : Adolescence clémentine. Contient beaucoup d'épîtres. Il se calme beaucoup à la fin de sa vie. Il va se mettre à traduire des psaumes (activité interdite). Condamné, mis à l'Index. Période plus mystique donc.
Marot fonde une école autour de lui, pas du tout formelle, pas de manifestes, mais plusieurs écrivains s'inspirent de lui et vont faire des sonnet marotiques. A côté : école plus importante, école lyonnaise.

Extrait : Sonnet de Marot, A deux jeunes hommes... Pour Louise Labbé peut-être.

Texte à destination des gens qui osaient écrire sur sa dame, les met en garde.

Louise Labbé : école lyonnaise, avec Maurice Sève (traducteur de Pétrarque aussi). Poèmes dans l'esprit de Pétrarque en français. École qui prépare le terrain à la Pléiade.

La Pléiade : Surtout Ronsard et Du Bellay. Avec ce groupe, on va voir apparaître un nouveau type de sonnet. Sonnet évolue et est retravaillé : « sonnet ronsardien ». Nouveau modèle de sonnet qui va être utilisé pendant 50 ans (les 50 ans précédents : « sonnet marotique »). Ronsard, Du Bellay, Jacques Peletier du Mans (déjà vieux), [Baïf], etc... se sont rencontré dans le même collège. Pelletier du Mans a passé ses idées à Jean Dorat, qui a donné des cours de grec à Du Bellay et Ronsart, et c'est avec Dorat qu'ils vont fonder la Pléiade. Leur but sera de défendre la langue française (manifeste). Ils ne se mettent plus dans la lignée de Pétrarque, ils créent quelque chose qui se veut nouveau. Très influencés par l'Antiquité, à travers leur maître, Jean Dorat. Premier livre où on explique que la langue française doit produire des aussi grandes œuvres que dans l'Antiquité. Moyen pour y arriver : imiter l'Antiquité (et plus seulement la façon de faire de Pétrarque). Ils se disent qu'il faut écrire un art poétique. Deuxième livre : illustration de la langue française. Ils installent de nouveaux genres, comme l'épigramme, le sonnet, la comédie, la tragédie. D'un autre côté, ils invitent tous les français à faire évoluer la langue, à inventer des nouveaux mots (pour pouvoir exprimer, traduire des concepts antiques). But faire briller le génie national de la France.

XVIe : retenir Marot, Ronsard et Du Bellay (à noter : ils ont été complètement méprisés et oubliés pendant deux siècles avant d'être redécouverts au XIXe).

Dame de Du Bellay : Viole. Recueil : Les Antiquités de Rome et Les Regrets. Ville natale : Angers.

Ronsard va être très critiqué par Boileau, qui décidera tout pour la poésie au XVIIe et qui tuera la poésie. Les Romantiques vont le déterrer et il va devenir un classique. Le poète qui plaira aux Classiques, c'est Malherbe.

Des musiciens français ont composé de la musique pour mettre en musique les sonnets de Ronsard. Début de la musique baroque, se passe en tout petit comité

Image de Mlle de Scudéry.

Au XVIe siècle, déjà des gens qui ont joué sur la virtuosité littéraire, ovnis : ici soldat qui a écrit un sonnet en langue inconnue. Sonnet parfait, ronsardien, respecte les règles. Sonnet qui n'a pas encore été décodé.

Extrait de Marc de Papillon.

Le sonnet va quand même continuer à exister au XVIIe siècle. Boileau (qui tue donc la poésie lyrique) va en écrire. Ça tombe dans la codification la plus stricte, virtuosité la plus extrême possible. A tel point qu'on finit par tuer l'inspiration des créateurs.

Exemple sonnet de Boileau « Ministre sans pareil »

Unité rythmique et unité de sens pour le vers. Rendre les choses encore plus difficiles. Excès de règle finit par tuer le genre. Grand théoricien de la poésie mais n'arrive pas à faire.

6.3.2. L'invention du genre de l'essai

En donnant à son œuvre le titre d'Essais, Montaigne indique le sens au lecteur : tester des étiques, des modes de vie, pour voir ce qui lui convient (et opte pour le scepticisme). Donc essai : faire l'essai de, faire l'expérience de. Donc l'essai d'une thèse personnelle, d'une méthode personnelle, etc.

Extrait : René Descartes, « Lettre à Marin Mersenne ». Explication du choix du titre de son « Discours de la méthode ».
Extrait de Montaigne, « Les Essais » (Quelquefois on me demandait)(il refuse de se mettre au service de quelqu'un d'autre)

Montaigne est toujours en train d'essayer, il n'acquiert aucune certitude, il modifie tout le temps son texte, l'annote. C'est assez baroque de mettre à plat ainsi cette pensée, de reconnaître qu'elle n'est jamais fixe. Ça montre que tout bouge, tout est instable, surtout l'homme et son esprit. Le côté éclaté des essais est une composition baroque, c'est très moderne.

Explication persuasif et thème.

Depuis Montaigne, l'essai est quelque chose de subjectif. L'énonciateur énonce sa thèse personnelle. Genre très structuré. Contrat de lecture au départ. Traces de modalisations, contre-théories, adversaires dans le texte. On emploie la première personne. Objectif : transformer le lecteur pour le convaincre.

La personne qui va mieux comprendre ça et le refaire, c'est Pascal. Questionnement existentiel en plus.

Au livre 3, les Essais de Montaigne arrivent à une conclusion. Il a choisi le scepticisme. Il nous dépeint des principes de vie de gentilshommes humanistes, qu'il faut bien sûr remettre en question constamment. Trois grands principes :
- il faut accepter la condition humaine, l'harmonie de l'homme avec lui-même (ne pas se réfugier derrière la religion)
- il faut séparer la vie publique et la vie privée. En tant qu'individu, il faut respecter la liberté individuelle. Mais plus conservateur en tant que citoyen. Il faut rester fidèle aux lois et ne jamais prendre partie.
- il faut réinventer la pédagogie, il vaut mieux une tête bien faite qu'une tête bien pleine. Il prône un enseignement individualisé, à la carte en fonction de chaque enfant, et aussi ludique. A l'inverse, il va critiquer l'enseignement par la brutalité.
Cette éthique-là a été construite avec un ami, Étienne de La Boétie, grâce à des discussions. La Boétie a aussi appliqué cette éthique-là. Il est auteur d'un essai : Discours de la servitude volontaire (connu sous le titre Le Contr'un - récupéré par les anarchistes). La Boétie est mort assez jeune, et Montaigne a hérité du destin littéraire de son œuvre. Il va se sentir responsable du destin littéraire de La Boétie, ils sont très imbriqués.
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